La Compagnie des Amandes inaugure sa casserie et relance la filière de l’amande française

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Le 23 avril 2026

 

« C’est une relocalisation. » À Brignoles, dans le Var, Arnaud Montebourg donne le ton lors de l’inauguration, le 13 avril 2026, de la casserie de la Compagnie des Amandes. À ses côtés, son associé et cofondateur François Moulias, avec qui il porte depuis 2018 une ambition commune : reconstruire une filière française de l’amande, aujourd’hui largement dépendante des importations. L’événement s’est tenu en présence de nombreux élus et acteurs du territoire ; la ministre de l’Agriculture Annie Genevard, retenue à Paris, a tenu à apporter son soutien à travers son discours lu par Madame la Sous-préfète de Brignoles, Anne-Cécile Vialle.

 

Car le constat reste sans appel : près de 98 % des amandes consommées en France proviennent de l’étranger. Une dépendance que l’entreprise, fondée en 2018, entend progressivement réduire en structurant une filière complète, de la production à la transformation.

 

inauguration de la nouvelle casserie de la compagnie des amandes

 

Une filière à reconstruire face à une dépendance massive

 

En quelques années, la consommation en France d’amandes a fortement progressé, dépassant désormais les 50 000 tonnes annuelles. Dans le même temps, notre production reste encore limitée, malgré une dynamique de croissance.

« Nous reconstituons un verger français », explique Arnaud Montebourg, évoquant une culture qui avait presque disparu et qui retrouve aujourd’hui une place dans les territoires méditerranéens.

Pour la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, cette situation illustre un enjeu plus large : « la France demeure aujourd’hui fortement dépendante des importations », une dépendance qui « n’est en rien une fatalité mais seulement un point de départ ».

 

Relocaliser la transformation pour capter la valeur

 

Jusqu’à présent, une partie importante des amandes françaises était transformée hors du territoire, notamment en Espagne. Une perte de valeur que la nouvelle casserie vient corriger.

« Il n’y a pas de filière solide sans transformation », rappelle Annie Genevard, soulignant que sans outils industriels, « la valeur ajoutée file entre les doigts de la nation ».

Avec cette installation, la Compagnie des Amandes entend maîtriser l’ensemble de la chaîne : décorticage, tri, calibrage et commercialisation. L’usine, conçue pour accueillir également la production d’agriculteurs indépendants, devient ainsi un outil structurant pour toute la filière. « C’est l’outil de toute la filière », insiste Arnaud Montebourg, un projet construit avec François Moulias pour fédérer au-delà des seuls vergers de l’entreprise.

 

Casserie de la compagnie des amandes

 

Un modèle collectif pour fédérer les producteurs

 

La stratégie repose sur une logique de coopération. La Compagnie des Amandes fédère producteurs, coopératives et partenaires autour d’un même objectif : développer une production française viable et compétitive.

« Les agriculteurs restent chez eux, mais nous construisons ensemble les outils », résume Montebourg. Une approche qui permet de lever les freins économiques et techniques et d’encourager la diversification des cultures.

La progression est déjà visible : la production française est passée d’environ 650 tonnes en 2018 à près de 1 800 tonnes aujourd’hui, avec des perspectives de croissance à moyen terme.

 

Un projet au cœur de la souveraineté alimentaire

 

Pour les pouvoirs publics, ce projet dépasse largement la seule filière amande. Il s’inscrit dans une stratégie plus globale de reconquête de la souveraineté alimentaire.

« Cette casserie incarne la reconquête de notre souveraineté alimentaire », affirme Annie Genevard, qui voit dans ce type d’initiative « des filières structurées, ancrées dans les territoires, capables de produire, transformer et valoriser ».

Soutenu dans le cadre du plan France 2030, le projet bénéficie d’un accompagnement public, considéré comme un investissement pour l’avenir du secteur agricole français.

 

inauguration de la casserie de la compagnie des amandes

 

Une alternative face à la domination internationale

 

Sur le marché mondial, la concurrence reste dominée par les producteurs californiens, dont les volumes et les coûts restent difficilement comparables.

Face à cette domination, la filière française mise sur d’autres atouts. « Le goût de la France », revendique Arnaud Montebourg, en opposition à des productions standardisées. Qualité, traçabilité et respect de l’environnement deviennent les piliers d’un positionnement différenciant.

 

Une dynamique encore en construction

 

Malgré ces avancées, la filière reste en développement. Les volumes demeurent limités et la montée en puissance prendra du temps.

Mais la trajectoire est engagée. Comme le rappelle la ministre, « la souveraineté ne se décrète pas, elle se construit, projet par projet, territoire par territoire ».

À Brignoles, la casserie de la Compagnie des Amandes apparaît ainsi comme une étape concrète dans cette reconstruction — portée par Arnaud Montebourg et François Moulias, et désormais ancrée dans les territoires.

 

Découvrez le discours complet d’Arnaud Montebourg ici.

Découvrez également le discours de la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, ici.